Une lettre d’amour à mon corps

Beaucoup d’entre nous, si ce n’est toutes et tous avons une relation compliquée avec notre corps. Je ne fais pas exception.

Le corps, objet de regards et de jugements dès mon plus jeune âge

Je n’ai aucun souvenir de quand cela a commencé, ni de quand j’ai pris conscience que les regards portés sur mon corps n’étaient pas anodins, mais, en triant mes affaires avant de déménager il y a quelques mois, j’ai retrouvé des lettres, des cartes, des mots, où les regards étaient déjà appuyés, critiques, moralisateurs, où les voix étaient sans appel et impitoyables et où le message sous-entendu était pourtant très clair: “Rentre dans le moule, n’aie pas trop de formes, ne sois pas trop grande, trop grosse, trop mince… ne prends pas trop de place, joue de tes formes…” Je ne jugerai pas les amies, la famille, les camarades qui ont dit et écrit ces mots blessants. Elles-mêmes étaient conditionnées par la société et reproduisaient un schéma déjà bien rodé. Sauf qu’à 10 ans, lorsque l’on entend de manière répétitive que l’on a trop de formes, qu’il ne faut pas trop grossir, que l’on fait quand partie des plus grosses de la classe et que l’on est déjà sexualisée, cela a un impact. Un impact très fort, dont l’écho résonne pendant des années…

Lorsque je regarde les photos de l’époque, je ne peux m’empêcher de rester pétrifiée, horrifiée même, à l’idée que j’ai pu être considérée grosse. Ah la la, les années 90 et le culte de la minceur… J’étais parfaite, j’étais mince, mais je développais des formes et des courbes bien plus rapidement que mes paires. Ma poitrine était déjà presque formée. J’étais grande. Les cuisses et les hanches prenaient leur place. A 13 ans, j’avais atteint ma pointure d’adulte (et oui, je fais du 43!). Bref, je n’avais plus l’air d’une fillette. Alors non seulement, j’étais hypersexualisée et glorifiée d’un côté, mais de l’autre, on me rappelait bien qu’il fallait que j’ai honte, que l’on me voit moins, que je mincisse. Il fallait que je sois mince comme une petite fille, mais que je sois fière de ma poitrine. Le patriarcat sait bien jouer de la communication toxique et on poursuit ainsi incessamment des règles et des formats qui n’existent pas, on doit être tout et son contraire et on en perd la tête. Pour ma part, j’ai décidé de botter en touche, de ne pas rentrer dans le jeu et de disparaître, ou tout du monde de m’invisibiliser. C’était un processus totalement inconscient, mais cela a bien fonctionné. Cependant, inconsciemment aussi, je continuais d’entendre ces voix qui me disaient que je ne convenais pas, que je n’étais pas assez, que j’étais trop. Ils voulaient que j’éteigne ma lumière, que je ne brille pas trop, que je sois une gentille fille, mais que je ne fasse pas d’ombre aux autres. Et j’ai joué le jeu… J’ai soufflé sur la flamme de ma bougie, je me suis cachée dans des vêtements trop larges ou soit-disant masculins, je me suis cachée au fond des salles, je me suis cachée derrière mes cheveux, derrière mes lunettes, derrière quiconque pouvait m’aider à disparaître. J’ai mangé et j’ai grossis, pour disparaître encore plus. Et pendant tout ce temps, j’ai fait comme si de rien n’était.

Aveugle à mon corps, comme pour le faire disparaître

Je ne suis jamais rentrée dans le jeu des régimes, des standards de beauté et de la mode, ni dans l’atteinte de cette impossible féminité universelle et magique. Je ne sais pas trop si c’est une chance. Quel choix est le meilleur, quand toutes les solutions sont empoisonnées. J’ai choisi de rejeter tout cela, de m’en moquer, de prétendre être au-dessus de si basses considérations. J’ai ignoré mon corps pendant des décennies. Je ne l’aimais, ni ne le détestais. Je ne le prenais tout simplement pas en considération, si ce n’est quand des problèmes de santé me rappelaient bien trop souvent son existence. Et puis, pour des raisons sur lesquelles je ne suis pas encore prête à écrire, j’ai développé un trouble alimentaire au début de ma vingtaine. J’ai mangé mes émotions. J’ai continué de grossir, petit à petit, de manière très pernicieuse. Je perdais un peu quand ça allait bien et que je faisais du sport, je reprenais du poids quand ça n’allait pas et ainsi de suite, dans un cycle infernal dont je n’avais même pas conscience. Je ne connaissais pas mon poids et je constatais seulement que je devais de plus en plus monter dans les tailles de mes nouveaux vêtements.

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#MySkinMyFreedom J’ai beaucoup hésité à publier cette photo. Non pas que je sois pudique ou complexée. Non, plutôt parce que j’ai été conditionnée par notre société pour me cacher et avoir honte. Pourtant, je trouve cette photo, prise par mon amie @avrilcutecrap magnifique et touchante. Un homme de dos sur cette photo choquerait beaucoup moins. Cette photo est belle, le symbole d’un moment de liberté et de lâcher prise, face à la mer, aux embruns, les papillons tourbillonnant autour de moi. La culture de l’onsen est très présente au #Japon, et j’adore ce moments relaxants, libres, reposants et salvateurs, dans des bains chauds, à discuter avec des amies, à profiter du moment présent, de la vue et des couchers de soleil. Vue sur mer ou sur montagne, onsen privés ou collectifs, onsen de village ou grand complexe, je chéris ces moments simples et authentiques sans arrière-pensée, jugements ou complexes. Cela me rappelle ce sauna en Laponie Suédoise, où nous faisions une bataille de boules de neige, voyageurs nus par un froid soir de janvier. Je revendique le droit de poster cette photo pour la beauté du moment, pour vous parler de l’onsen Japonais dans toute sa simplicité, le droit de montrer un petit bout de peau, sans être objectifiée, pour vous montrer, comme toujours, le voyage dans son intégralité, sans tabous. Je sais que les commentaires non voulus vont vite arriver. Mais vous savez quoi ? J’ai déjà reçu des demandes en mariage, des commentaires non-sollicités, des insultes, des messages et des photos obscènes, des messages d’homme voulant voyager avec moi pour m’aider à ne plus être seule, sans avoir rien demandé, sans avoir rien fait. Sur Internet ou dans la rue, je me fais souvent harcelée, comme beaucoup de femmes, comme presque toutes les femmes. Parce que je suis une femme qui voyage seule et écrit sur le sujet, parce que je suis une femme. Ces commentaires ne m’atteignent plus, ils me font rire de par leur stupidité, même si je rage intérieurement que l’on n’ait pas plus évolué que cela en 2017. Je revendique ce droit de montrer ces bouts de peau, même si cela dérange. Pour la beauté du moment, pour cette jolie photo, pour ma liberté, pour notre lib

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Et puis, je suis partie en voyage. L’uniforme de la backpackeuse made in Decathlon et le mode de vie m’ont aidée à encore plus oublier l’existence de mon corps. Inconsciemment, je savais prendre les photos pour que cela ne se voit pas et je cachais cette prise de poids du mieux que je le pouvais. J’étais sans doute la seule à être dupe. J’étais heureuse et je vivais la vie de rêve, alors au final, cela n’avait pas d’importance. Tout du moins, c’est ce que je croyais. Jusqu’à l’électrochoc. J’avais 27 ans. On devait passer à la pesée pour faire du saut à l’élastique et notre poids était ensuite inscrit au marqueur noir sur la main. L’image d’un troupeau de vaches allant à l’abattoir me traverse aujourd’hui l’esprit. J’ai adoré mon saut à l’élastique, mais je ne pouvais pas ne pas voir ce 98kg, marqué sur ma main droite, qui me narguait alors que je passais la deuxième dans le groupe (les plus lourds d’abord!). 2kg de plus et je ne pourrais plus sauter à l’élastique…

De la haine de mon corps à l’action

J’ai encore pris du poids, mais je n’ai pas compté. Sur les photos, je vois bien à quelle date j’étais au plus haut poids, quelque part sans doute dans la dizaine au-dessus des 100 kilos. Cela n’a pas d’importance. Ce que je voyais en photo, je haïssais. Ces cuisses monstrueuses, ces fesses et ces hanches qui devenaient si compliquées à cacher, cette poitrine qui avait sans doute quadruplé de volume, ces bras qui devenaient ballotant, ce visage qui n’était plus le mien. Je ne me reconnaissais plus.

Je suis devenue végétarienne, j’ai arrêté de manger de la nourriture industrielle, je me suis mise à beaucoup marcher, j’ai commencé à faire attention. J’ai perdu du poids. J’étais dans une bonne période de ma vie. Je pensais avoir trouvé la solution miracle. Je suis tombée malade. Avant de comprendre quelle allergie alimentaire j’avais développé, je passais beaucoup de temps aux toilettes pendant cinq mois. J’ai atteint un poids très bas. Je n’étais plus obèse, les gens me félicitaient. J’étais aux anges et je pensais être sur la bonne voie. Mais je ne reconnaissais pas ce nouveau corps. C’est comme ci ce n’était pas moi. Je ne m’aimais pas. Je ne supportais pas que les gens me voient et me complimentent sur ma maigreur. Le tourbillon de ma vie m’emportait à nouveau. Je ne disais rien. J’ai repris du poids. Et j’ai reperdu. Et j’ai repris… dans une danse qui a duré deux ans.

La pratique de la neutralité et de l’amour de mon corps

Jusqu’à ce que je comprenne enfin d’importantes leçons de vie. Alors que j’approchais à nouveau dangereusement des 100 kilos, j’avais commencé une thérapie et j’avais commencé à régler bien des choses dans ma vie. Mon trouble alimentaire devenait peu à peu un lointain souvenir, les rechutes s’espaçant grandement. Et surtout, j’apprenais peu à peu à m’aimer. M’aimer moi pour celle que j’étais vraiment, psychologiquement, mentalement et spirituellement, mais aussi aimer mon corps, pour ce qu’il me permettait de faire, d’être et de vivre. L’aimer avec gratitude et avec joie, malgré les défauts… surtout pour ses défauts.

J’ai passé du temps devant le miroir à apprécier les parties que j’aimais de moi, à aimer cette lumière que je dégageais, à remercier ces cuisses et ces jambes qui me portaient à travers le monde et les randonnées, à aimer ce corps qui est le seul que j’ai, ce vaisseau pour cette vie. Cela ne s’est pas fait en un claquement de doigt. Il y a eu des hauts et des bas. Il y a encore des parties de moi que je n’aime pas encore complètement de manière inconditionnelle, mais j’y travaille. Car oui, c’est une pratique. Et je suis heureuse de ne plus les détester. Il faut sans doute passer par cette étape de la neutralité. Parce que passer de la haine à l’amour est parfois un passage trop grand, trop difficile, impossible. L’étape de la neutralité est essentielle. Quand on y réfléchit, est-ce que l’on juge la forme de notre coude droit? Non, on est souvent plutôt neutre par rapport à cette partie du corps, ou par rapport à d’autres. C’est cette neutralité qu’il nous faut trouver, pour chaque partie que l’on hait, pour s’éloigner enfin de ce que l’on nous a appris devoir être. Passer de la haine à la neutralité, avant de pouvoir enfin arriver à l’amour, puis à l’amour inconditionnel.

Cher corps, je t’aime, inconditionnellement

Aujourd’hui j’aime mon corps, j’aime mes cuisses, j’aime mes cheveux blancs. Je le vois se transformer au fil des cycles, des saisons et des années. Je ne le juge pas. Je le remercie pour le chemin parcouru, pour les pas que je fais chaque jour et pour le parcours à venir. Je l’ai aimé à 96 kilos, j’ai aimé mes grosses cuisses pleines de cellulite ; je l’aime aujourd’hui avec ses kilos en moins et les marques et vergetures, témoignages de mon obésité, avec mes cheveux blancs, mes poils bruns et toutes ses aspérités ; je l’aimerai demain quelque soit sa forme, quelque soit les marques de vieillissement, quelque soit son avenir. Et ça, c’est aujourd’hui l’une de mes plus grandes forces. Plus jamais je ne laisserai les autres définir ce à quoi je dois ressembler, plus jamais je ne me laisserai embarquer par les réflexions d’une société normative et patriarcale, plus jamais je ne laisserai quelqu’un décider de ce qu’est la beauté.

Je suis grande, je suis ronde, j’ai des grands pieds, j’ai des cheveux blancs par poignées, je n’épile aucune partie de mon corps, je prends de la place, je ne corresponds pas aux standards de beauté dictés par la société et c’est seulement en acceptant tout cela, en le revendiquant même, que je suis devenue entièrement moi, en paix avec moi-même et mon corps et que je me suis enfin trouvée belle et parfaite, comme je suis. Cet amour inconditionnel pour mon corps est réconfortant, unique et libérateur et je le chéris chaque jour.

J’ai pu poser des mots sur mon ressenti et mes réflexions depuis un an suite à la participation au projet Dear Body de Isabella Raffaele. Elle m’a invitée ainsi que de nombreux autres participants et participantes à écrire une lettre à mon corps, une lettre honnête et personnelle. Découvrez la vidéo de son projet, ainsi que ma lettre personnelle ci-dessous (🇬🇧).

Je n’ai jamais lu de livres spécifiques sur ce sujet et sur le mouvement du Body Positivity, mais ma réflexion se nourrit de nombreux posts d’influenceurs sur cette thématique Pour aller plus loin, je peux tout de même vous conseiller quelques liens:

PS: ma récente perte de poids n’aurait jamais pu se produire et être stable et durable sans quatre éléments réunis simultanément: la thérapie qui m’a permis de résoudre de nombreux problèmes et mon trouble alimentaire, la pratique de l’amour inconditionnel de moi-même et de mon corps décrite dans cet article, pratiquer un sport qui me passionne (la marche et le yoga pour moi) et l’alimentation végétalienne, en accord avec mes valeurs les plus profondes. L’amour de soi est la porte d’entrée vers une nouvelle vie et j’espère que vous connaissez aussi ou connaîtrez un jour cette potion magique.

Et comme toujours, si vous avez des questions, des réflexions, des témoignages, n’hésitez pas à m’en faire par en commentaire ou par email.

Lucie Aidart

13 thoughts on “Une lettre d’amour à mon corps

  1. C’est beau ! Comme beaucoup de tes articles tu as su trouver les mots juste pour écrire ton ressenti sur ton corps en l’occurrence. C’est une bonne chose que tu ai réussi à aimer ton corps, c’est difficile, j’essaye aussi 🙂 les diktats de la minceur sont durs à effacer, de la même façon qu’il est difficile de s’accepter. Belle ode à ton corps !
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    1. Merci beaucoup pour ton retour cindy. Oui, des décennies de brainwashing à effacer, c’est normal que ce soit compliqué. Je t’encourage à te renseigneur sur le body neutrality, c’est une bonne étape pour certains. Merci et bonne continuation!

  2. Merci pour ce superbe billet. J’ai toujours cru que je n’étais pas complexée… sans blague, je rentrais dans les standards 🙂 Maintenant que j’ai cheveux blancs et bide-à-bière… c’est plus compliqué ! Et j’y travaille, à cet équilibre entre changer de vie pour mon bien être, et lâcher prise pour accepter qui je deviens, suis déjà devenue.
    Des billets comme le tien sont une véritable bouffée d’oxygène <3

    1. Avec grand plaisir Nathalie et heureuse que cela aide à tes réflexions. Lâcher prise, lâcher prise, la meilleure chose que l’on puisse faire pour devenir nous-même! Bon cheminement à toi!

    1. Hello Romain, ça fait un bail! Tout à fait, on est tous humain-es! Bon courage à toi et bon cheminement, même si ce n’est pas toujours drôle, le cheminement est finalement sans doute le but de tout ça! Hehehe, merci pour la chaleur, l’Ecosse te remercie 🙂

  3. Hello Lucie,

    Je repasse ici voir si les contenus ont évolué depuis le confinement et pour me challenger un peu.
    Super car ton article et celui sur une méduse m’ont donné du grain à moudre.

    Ils m ont permis de me rendre compte que le concept d’amour inconditionnel est une foutaise qui évite de reconnaître ses propres fautes/torts/imperfections et de ressentir honte et culpabilité. Et rend donc toute évolution consolidée impossible. Une mécanique qui passe par le fait de ne surtout jamais « juger » qui ou quoi que ce soit. Évidemment, si on ne « juge » pas la Meuf qui a l’air con à s exciter sur une méduse, tout en avouant qu’on a fait partie de ces personnes la, cela permet de ne pas s’avouer a soi même que, « « putain la honte, j’avais vraiment l’air con quand je faisais des trucs comme ça aussi ». Ce à quoi j’ajouterai « du coup maintenant que j ai compris que c est débile, je le fais plus ». Admettre qu on a eu l air d un con mais qu on a pigé la leçon facilite la vie puisqu on peut redevenir naturel en disant franchement ce qui nous fait chier, sans prendre moultes pincettes de complaisance.

    S’agissant du rapport au corps, il y a eu un culte de la minceur oui. Néanmoins, ayant toujours été mince sans effort, moi c était les grosses dondons qui me traitaient d’anorexique ou me servaient du « moi aussi a ton âge j étais pareille et puis tu verras avec le temps ». Ben oui, parce qu il y a aussi des gros pour créer un dégoût de leur corps ou des angoisses d avenir aux personnes minces, et ce en vérité par pure jalousie.
    Ensuite, il y a une différence entre admettre une réalité qui est que qqun est gros (comme en état de maigreur). C est une réalité objective calculable par l’IMC. Les 2 sont mauvais pour la santé globale de l être humain et, désolée, mais les 2 rendent le corps plutôt laid.
    Mais prendre toutes les pincettes que tu décris avec son corps ne revient finalement qu à appliquer la théorie du non jugement a une constituante de soi afin de ne pas admettre une réalité problématique ou un complexe. Alors que cela devient beaucoup moins difficile de l’admettre quand on prend conscience que notre corps ce n est pas notre personnalité. Contrairement au mythe Disney, on peut être très beau et très con, très moche et très gentil, et contrairement à la bien pensance actuelle, on peut aussi être très moche et très con, et très beau et très gentil.
    Je lis une contradiction, tu commences par dire que tu haïssais ton corps a 100kg, et puis finalement tu dis que tu l a toujours aimé même à 100kg.
    Je pense qu il faut arrêter de chercher à « s aimer » inconditionnellement, a être complaisant avec soi. Non, être en surpoids ou dans l extrême maigreur ne doit pas déclencher un processus « j aime mon corps comme ça, si si je vous jure, les grosses boules de cellulites / côtes saillantes je trouve ça beau ». Dans ce cas, le corps ne fait que mettre en lumière un trouble somatisé et quelqu’un qui déciderait de ne pas le voir irait au devant de graves ennuis.

    Perso, les bourrelets je trouve ça moche, la cellulite je trouve ça moche, je préfère quand j en ai pas (et j en ai aussi de temps en temps).
    Mais ça ça n a rien à voir avec un complexe genre j aime pas la forme de mon nez, la taille de mes petites lèvres ou mon bonnet B au lieu d un C. Ça se sont des complexes purement subjectifs et non médicaux pour lesquels il n existe aucune norme. C est pas comme le poids, la santé de la peau étc
    Et ça n’a rien à voir non plus avec de la grossophobie qui équivaut à aller porter des atteintes à la dignité de la personne en raison de son apparence. C est la différence entre dire « je ne coucherais pas avec un gros car son corps ne m excite pas, je le trouve moche » et dire « les gros sont tous des feneants ». L’un est un jugement perso, un goût personnel, et l autre une infraction.
    J en finis donc par le fait qu accepter de juger aussi le corps permet aussi de prendre des mesures pour reagir à un problème ou juste de se choper un conjoint qui nous plaît aussi physiquement.
    Le reste n est que déni de ses propres imperfections, peur d être jugé, peur de ressentir de la honte ou de la culpabilité, ces derniers ayant pourtant une utilité importante dans l apprentissage du respect de sa propre dignité et de celle d autrui.

    Ce qui est réellement moche, c est sous couvert de vouloir être une bonne personne aimante qui ne juge rien ni personne et soi disant en paix avec soi, faire se sentir méchant et moche ceux qui expriment leur avis, leurs goûts et sont capables de reconnaître leur propre laideur passée ou présente (et pour y remédier).

    Bien cordialement

    1. Bonjour Aurélie,
      Merci de ta lecture et de ton commentaire. Heureuse de t’avoir apporté du grain à moudre comme tu le dis si bien, c’est au final bien le but de ce blog. Que chacun réfléchisse à sa vision du monde et sa vérité. Je pense que beaucoup de choses sont beaucoup plus complexes que cela, qu’il n’y a pas qu’une seule bonne réponse et que tout n’est pas noir ou blanc. Je ne crois pas pour ma part que l’amour inconditionnel soit une foutaise, ni que ce soit incompatible avec l’évolution, je pense qu’au contraire c’est une étape pour s’accepter et accepter l’autre. Tout comme ne pas juger, ne veut pas dire être d’accord ou ne pas faire d’action pour remédier à quelque chose de néfaste. Pour revenir à la méduse, je ne juge pas cette femme, car je ne connais pas son histoire, son passé, son éducation, ses croyances, par contre, là où j’ai fait une erreur, c’est que cela n’aurait pas dû m’empêcher d’être dans l’action et de l’empêcher de le faire. Ce qui m’en a empêché était ma propre blessure à moi, ma propre peur du jugement ironiquement.
      Pour ce qui est du jugement des corps gros et minces, c’est la même chose bien sûr, c’est un jeu de miroir et on se juge soi-même en jugeant l’autre.
      Le concept de beauté est tout à fait subjectif, comme l’histoire et les différents cultes de la beauté le prouvent, tout comme les goûts et les couleurs personnels. Quant à la santé, je suis d’accord sur certains points, mais cela ne prend pas en compte le poids émotionnel et psychologique qui se transforme en kilos, des personnes à l’IMC parfait qui finalement sont en mauvaise santé, d’autres qui sont au-dessus, mais qui sont dans une santé parfaite, bref une fois encore le chiffrage prend difficilement en compte la diversité des histoires et des situations humaines.
      Oui, c’est bien ce que je veux dire passer par la neutralité et l’amour de soi, pour pouvoir évoluer et pas pour rester dans la passivité, parce qu’à mon avis, on ne peut en passer que par là. Parce que le bâton, la restriction, le jugement de soi et des autres, cela a des conséquences psychologiques graves, suivies ensuite par des conséquences sur le corps.
      Peut-être me suis-je mal expliquée, j’étais à un moment au-dessus des 100 kilos, je me détestais. J’ai perdu du poids, je n’allais pas bien psychologiquement, j’avais des intolérances alimentaires pendant des mois qui m’ont aidée à perdre ce poids de manière malsaine (encore une fois la preuve qu’avoir un meilleur IMC ne signifie pas une meilleure santé). Un an plus tard, je me rapprochais à nouveau des 100 kilos. Et c’est là où j’ai appris à aimer mon corps inconditionnellement. A près de 95 kilos. Et c’est avec cette démarche, que j’ai pu régler mon trouble alimentaire et commencer à perdre du poids de manière stable, lente et saine.
      Je ne me suis pas étendue sur la neutralité, mais je pense que c’est une étape importante. Et comme je le dis, on peut aussi questionner la notion de beauté comme standard. Est-ce qu’on a besoin de trouver un coude beau? Une cuisse? Et oui, je m’aime, et oui je me trouve belle comme je suis et oui j’ai des imperfections et oui, cela ne m’empêche pas de ne pas être complaisante, de continuer à manger sain, à faire du sport, à vivre. C’est plus une question de pouvoir penser toutes ces réalités en même temps. L’un n’exclut pas l’autre et inversement. Je ne dis pas que j’aime ma cellulite, mais j’accepte et j’aime mon corps dans son entièreté, avec ou sans bourrelets et je sais que cela ne définit pas ma valeur humaine, tout simplement. Pour moi l’amour inconditionnel est justement d’aimer la lumière et l’ombre, la beauté et les imperfections, les qualités et les défauts, sans jugement. Parce que personne n’est parfait et que la quête de la perfection est en soi très problématique (j’ai essayé d’être parfaite pendant des années, ça mène à bien d’autres névroses!). Et il ne s’agit jamais de dire aux autres qu’ils n’ont pas le droit d’avoir leurs goûts et leurs préférences, il s’agit surtout à chacun de pouvoir être bien avec eux-mêmes sans internaliser ce qu’on nous martelle absolument partout.
      Bonne poursuite de réflexion à toi!

  4. Bonsoir,

    Bel article sur l’acceptation de soi et l’estime qu’on se porte. Personnellement, je trouve que le sport peut être un chemin possible pour être en paix avec son corps et son mental. Je dis bien un chemin possible parmi d’autres (thérapie, yoga, passion, projet, etc.). Bon cheminement
    Philip Articles récents…Produits laitiers danger ?My Profile

    1. Bonjour,
      Merci beaucoup pour votre commentaire et votre retour. En effet, le sport est un élément. Pour moi c’était la rando et le yoga, mais clairement il faut faire attention à ce que ce ne soit pas du sport pour maigrir à tout prix, car là ça peut vite devenir malsain, mais je suis sûre que l’on est d’accord sur ce point.
      Bonne continuation à vous.

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