Journal de confinement J7 – La vie continue

Ce matin, j’ai eu mes règles. Vous allez me dire que cela n’a rien d’extraordinaire et cela est en effet le cas. Mais, cela m’a rappelé quelque chose d’essentiel, tout comme un podcast que j’écoutais ce matin. Life goes on. La vie continue. On aurait presque tendance à l’oublier, à le mettre de côté et à tout arrêter pour cause de coronavirus et de confinement. Mais la vie continue bel et bien, et pas seulement pour la nature et les animaux. Des enfants naissent, des personnes tombent malades (du coronavirus ou d’autre chose), d’autres meurent, des gens s’aiment ou tombent amoureux, les personnes menstruées ont leur règles, des femmes tombent enceintes, des couples se déchirent, des femmes ou des hommes se font frapper ou vivent des violences conjugales, des personnes vivent dans la précarité et d’autres dans le luxe, on pense, on réfléchit, on invente, on crée, on danse, on vit. Dans des conditions particulières, certes, mais c’est une expérience de vie comme nous en avons déjà eu et comme il y en aura d’autres, positives ou négatives. La vie continue. Alors oui, nous avons arrêter de faire beaucoup de choses ou constructions sociales qui nous semblaient acquises, normales, voire même dues. Mais d’autres continuent encore. Les gens travaillent, vont en cours, se parlent sur Internet ou dans leur foyer, font de l’exercice, continuent de travailler sur leur projet. Des débats sévissent sur Twitter, les gens se divisent, persuadés d’avoir raison, le sexisme, le racisme, l’homophobie, la pauvreté… existent encore. La vie continue.

Et je ne crois pas finalement, que ces temps de crise appellent à mettre toutes nos vies en pause ou entre parenthèses, même si évidemment, par la force des choses, nous avons dû arrêter beaucoup de choses. Je crois vraiment, que pour ceux et celles qui en ont la capacité, la force, le privilège, il faut vivre encore plus pleinement, essayer de faire avancer les projets que l’on avait mis de côté depuis longtemps, petits ou grands, et puiser dans ce moment toute la force de vie dont nous disposons. Depuis que je suis confinée, j’ai une bien plus grande force créatrice et physique qui m’a envahie. L’esprit de contradiction sans doute. Ou le printemps. peut-être. Le début d’un nouveau cycle, la sortie d’une transition qui durait depuis trop longtemps. C’est d’ailleurs cette force qui me permet de vous écrire tous les jours dans ce journal de confinement. Je n’avais jamais pu le faire auparavant et je n’avais plus envie d’écrire depuis plusieurs mois La vie continue.

Le buisson dont je vous parlais hier a aujourd’hui des bourgeons de feuille sur le dessus. Le framboisier que je taille depuis plusieurs jours a de nouvelles pousses aujourd’hui. Les petites filles qui font du vélo sur le parking ont grandi, ont changé, ont appris depuis hier. La vie continue. Aujourd’hui, j’ai été faire mon mini-footing hebdomadaire, sur un petit chemin blanc à côté de la maison, en faisant des allers-retours sur une centaine de mètres. Je crois que je n’avais jamais pris autant de plaisir à faire un footing, à sentir mes muscles travailler et le soleil sur ma peau, comme si une force de vie nouvelle m’avait saisie. Le petit lézard, qui rentre tous les soirs dans sa tanière sous le rebord de ma fenêtre, me fixe d’un drôle d’air alors que je tape ces quelques lignes. Il est sans doute surpris de me trouver là, la fenêtre ouverte alors que le soleil se couche. Sans doute surpris de voir une humaine, alors qu’il était tranquille depuis une semaine.

Et puis, j’ai réalisé autre chose ce matin, à l’arrivée de mes règles. Mon syndrome prémenstruel, très lié pour ma part à mon stress et mon anxiété s’est à peine fait ressentir ces jours-ci. Et je crois, que c’est parce que j’étais tellement concentrée sur mon bien-être, sur tout faire pour calmer mon anxiété, sur mes exercices pour garder mon calme en ces temps de crise, sur la préservation de mon énergie, que je n’ai quasiment rien senti ce mois-ci. Je me suis protégée et j’ai réussi à évacuer tout mon stress, quelqu’il était. Une leçon bien apprise pour le futur.

Alors oui, la vie continue, avec ou sans coronavirus, avec ou sans anxiété. Demain sera un autre jour de confinement, sans sortie au programme. Je me réjouis de découvrir de nouveaux bourgeons, d’écrire à la fenêtre et de voir le lézard. Ce ne sont pas des certitudes, car il n’y a rien dont on soit véritablement certain, mais c’est rassurant. Demain, la vie continuera.

Journal de confinement

Voici les précédentes éditions et les suivantes de ce journal de confinement. Il contient des réflexions diverses sous différents formats. Bonne lecture!

J1 – Santé mentale et confinement: quelques idées et réflexions pour préserver sa santé mentale.
J2 – Ode à la marche
J3 – Les Fantômes du passé
J4 – La peur
J5 – Silence
J6 – Etre une voyageuse au temps du Coronavirus (à lire sur mon autre blog)
J7 – La vie continue – Life goes on

Lucie Aidart

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