Brèves de confinement: ce que le nomadisme m’a appris

Aujourd’hui, c’est Marina, du blog Belle est la route qui nous emmène avec elle, dans ses réflexions sur le confinement, autour de la thématique du nomadisme et du voyage. Elle tire les leçons de ses années de voyage pour mieux vivre le confinement.

Marina a été l’une des premières à me contacter suite à mon appel à témoignages il y a quelques semaines. Nous nous côtoyons et nous croisons en ligne depuis quelques années déjà et je suis très heureuse de l’accueillir sur ce tout nouveau blog. Je lui laisse la parole dans l’article suivant.

Le confinement vu par une voyageuse, Marina du blog Belle est la route

J’ai peu l’habitude de traiter de sujet d’actualité ici, pour la simple et bonne raison que ce n’est pas la thématique de mon blog. Et puis, il y a eu une pandémie mondiale de Covid-19. A l’heure où j’écris ces lignes, 3.6 milliards d’êtres humains sont confinés, dans 90 pays.

En lisant l’appel à témoignages de Lucie (du blog Voyages et Vagabondages et Enough), j’ai eu envie de partager mon ressenti. En lisant ses mots, au sujet de la culpabilisation, la hiérarchie des émotions : j’ai senti que cela résonnait en moi.

En effet, en échangeant avec mes proches, j’ai senti que je ne vivais pas ce confinement comme eux. Moins angoissée, plus libre, moins impactée, plus protégée. Et en discutant avec des nomades /voyageurs longue durée, j’ai compris que nous avions déjà vécu, de près ou de loin, des problématiques liées au confinement lors de nos errances.

  • Vivre dans la peur qu’il arrive quelque chose à quelqu’un

Lorsque l’on s’envole à 17 000 kilomètres de chez soi, c’est l’une des premières pensées. Et si ce voyage vous coûtait les derniers moments passés avec un être cher ? Et si vous n’aviez pas assez d’argent pour revenir au plus vite ? Et si, après 24 heures de vol, vous arriviez trop tard ?

J’ai vécu pendant presque 4 ans avec ces pensées en tête, pour ma famille. J’ai eu la chance de n’avoir eu à déplorer que quelques frayeurs mais pas d’horrible nouvelle. En voyage, on apprend à se rassurer, à relativiser. A se dire : à quoi bon penser au pire ? On avisera au moment venu.

Je croise les doigts aujourd’hui pour qu’il se passe exactement la même chose. Que mes simples ondes positives soient suffisantes. Je reconnais bien volontiers mes privilèges : ceux de savoir que mes proches ne sont pas seuls, en sécurité et avec de la ressource le cas échéant. J’ai bien conscience que ce phénomène de pandémie est beaucoup plus vicieux que ce que l’on pourrait nommer “des accidents” de la vie. N’empêche, j’ai l’impression d’avoir apprivoisé la vie avec cette angoisse désormais.

Note de Lucie: si cette thématique vous intéresse, j’ai personnellement écrit sur le décès de ma maman alors que j’étais au bout du monde, et quelques années plus tard sur la peur de la perte d’un proche en voyage. Peut-être que ces mots pourront résonner dans cette situation si particulière...

  • Vivre loin de ses proches

Ceci fait écho au point précédent. Ne pas vivre dans la même ville, le même pays ou parfois même sur le même continent vous met un poids dans le cœur. C’est la garantie de passer des Noëls différents, des anniversaires en solo ou bien tout simplement des petits bonheurs de la vie quotidienne sans partage (ou avec un partage différé disons!)

Ce virus nous a, temporairement, éloignés les uns des autres. Des familles se retrouvent “coupées en deux”, des amants sont séparés. Et nous tâchons de nous occuper, en apprivoisant chaque jour un peu plus le manque et l’absence. Sur la route, c’est clairement le revers de la médaille. Si le nomadisme avait un prix à payer, alors ça serait celui-ci.

  • Vivre la solitude

Nous ne sommes pas tous égaux face à cela. Il y a celleux qui sont introvertis, pour qui cette solitude est à chérir, toujours en quête de la préserver. Mais aussi celleux qui vivent la liberté comme un moyen de
briser cette solitude, pour aller à la rencontre des autres. Je n’ai jamais su exactement de quelle team je faisais partie, mais j’ai plus souvent voyagé en solitaire.

Actuellement pour certain.es, c’est peut-être une découverte de se retrouver seul.e, face à soi. Vivre la solitude n’est jamais évident : il faut s’apprivoiser, réfléchir sans être submergé par ses émotions et angoisses, pouvoir trouver de la ressource au plus profond de soi. Et pourtant, lorsque cette expérience est positive, quel bonheur de se trouver. De comprendre que notre meilleur allié, est et sera toujours nous-même. Que peu importe les épreuves sur le chemin, votre chambre à vous sera toujours (au moins), dans un petit coin de votre tête.

  • Vivre pour les instants de partage 2.0

Je me réjouis de voir fleurir un tas de bonnes idées rendues possible grâce à nos technologies modernes. Des cours de sport en vidéos, des apéros facetime entre amis, des discussions What’s App en famille qui n’en finissent plus, des lives de musique sur Youtube etc. Pour continuer de se divertir et se sentir proche, la communication numérique n’a de limite que notre créativité.

Et cela me rappelle tous ces moments partagés aux 4 coins du monde. Détailler ses aventures via photos et vidéos, chérir les fous rires avec nos amis, qui nous semblent toujours trop peu présent, effectuer des calculs savants pour braver les fuseaux horaires. A contrario, quelle double peine lorsque vous êtes isolé “digitalement” parlant ! Seul.e et sans connexion, sans possibilité de communiquer avec vos proches, tant pour en donner que recevoir leurs nouvelles …
“Loin des yeux loin du cœur” ? Cette maxime n’a jamais sonné aussi faux, tant nous nous sentons proches et tous.tes dans la même galère.

  • Vivre avec un.e “quaranteam”

Par une série de hasards de la vie et autres rebondissements personnels, je me retrouve confinée avec la personne avec qui j’ai voyagé/vécu pendant 1 an. Nous avons notamment cohabité pendant de nombreuses semaines dans un véhicule aménagé. La promiscuité, les compromis, le respect de l’espace (réduit !) de l’autre, la vie H24 ensemble sont autant de compétences que j’ai appris à développer en voyage. Dans un contexte certes, beaucoup plus plaisant… Je me rends compte de la chance d’avoir un.e partenaire sur qui on peut compter lorsque l’on s’embarque pour des semaines sans intimité. Ajoutez à cela le poids du quotidien, la routine et la prise de repères dans une vie sédentaire que l’on ne connaît pas…

Vivre le confinement avec une quaranteam
Crédit photo: Away we roam

Ces épreuves renforcent votre complicité et cette sensation bénie de compter pour/ pouvoir compter sur quelqu’un. J’ai fait le même constat sur la route : les duos et autres teams volent en éclat ou se retrouvent plus soudées que jamais.

  • Vivre en expérimentant la slow life

Réfléchir, sans forcément agir. Être ancrée. Profiter de l’instant présent. J’ai eu beau expérimenté la slow life, j’arrive encore (même en période de confinement, oui, oui!) à me noyer dans mes to do list. Et pourtant, il me semble tellement important de reconsidérer notre rapport au temps. J’ai clairement pu bénéficier de cette prise de recul durant les dernières années. Comment vit-on sa vie lorsque l’on a le temps ? Quand nous arrêtons de courir, que nous prenons le temps de nous poser les bonnes questions?

Vivre la slow life en voyage et pendant le confinement - Marina du blog Belle est La Route en Australie

  • Vivre en étant moins productif et plus créatif

Mettre son activité professionnelle en pause, c’est aussi avoir l’opportunité de développer des capacités jusqu’alors sous-exploitées, voire inconnues. Comme évoqué dans le point précédent, temps et productivité sont liés. On nous a appris à travailler vite, à être rentable. Or, dès lors que l’on ôte ce qui constitue votre activité principale pour percevoir un revenu, le champ des possibles s’offrent à vous.

Ce temps de confinement peut par exemple être l’occasion de renouer avec d’anciennes passions, voire de s’en trouver de nouvelles. Sur la route, c’est pareil : libérés de vos contraintes, votre esprit et créativité peuvent alors s’exprimer à nouveau. Apprendre à jouer d’un instrument, perfectionner une langue vivante, dessiner, jardiner, cuisiner… Et vous, qu’est-ce qui vous fait vibrer en ce moment ?

Vivre la slow life en voyage et pendant le confinement - Marina du blog Belle est La Route en Australie

  • Vivre plus en accord avec la Nature

Je me devais de finir sur cette note engagée. Rien ne me fait plus plaisir que d’être témoin de changements d’habitudes autour de moi. Ou bien juste de prises de conscience. Je vois Instagram se remplir de recettes naturelles homemade pour prendre soin de soi ; de personnes se formant à la permaculture ; de sensibilisation à l’alimentation végétarienne et végane.

Vivre en accord avec la nature en voyage et pendant le confinement - Marina du blog Belle est La Route en Australie

Je suis joie. C’est en voyage que j’ai appris à vivre en étant plus respectueuse de la Nature. En arrêtant de considérer mes actes comme isolés et sans rapport entre-eux, sans incidence sur l’environnement. Cette pandémie est bien une ultime alerte : nos modes de vie et de consommation dans cette société capitaliste conduisent à notre perte. Non, nous ne pouvons plus faire comme si nous n’étions pas au courant. Oui, il est impératif de revoir, chacun à notre niveau, nos modes de vies.

Avez-vous changé quelques-unes de vos habitudes (dans ce contexte de Covid-19 ou bien en voyage) ?


Cette pandémie est sans précédent, c’est indéniable. La gestion de cette crise, du point de vue de nos existences, également. Pour autant, plus les semaines confinées s’écoulent, plus je retrouve des “automatismes” et mindset de ma vie nomade. Je n’aurais pourtant jamais cru revivre ces
réminiscences en étant sédentaire as fuck.

Et vous les voyageurs ? Les nomades ? Quels enseignements que vous avez pu tirer sur la route font écho dans votre vie de confinés aujourd’hui ?

Je vous souhaite à toustes d’être safe et d’appréhender cette étrange période au mieux. Merci Lucie d’avoir ouvert cette plateforme d’expression. A vos témoignages !

Au plaisir de vous lire,

Marina


Merci Marina pour ton très bel article, tes idées, ton engagement et ta bonne humeur communicative dans l’écriture. Vous pouvez suivre Marina sur son compte Instagram et sur son blog.

Pour celles et ceux qui le souhaitent, n’hésitez pas à me contacter en commentaire ou par email: info @ voyages et vagabondages . com pour me faire part de votre témoignages de confinement. Je suis ouverte sur le fond et la forme, donc n’hésitez pas à venir en discuter!

Lucie Aidart

17 réflexions sur « Brèves de confinement: ce que le nomadisme m’a appris »

  1. Je ne connais pas la vie de la personne qui a rédigé cette article donc je parle en fonction des nomades que j’ai côtoyés :
    Je suis surprise sur la question de la productivité … j’ai plutôt l’impression que nombre de nomades/blogueurs voyages sont justement totalement improductifs… ou du moins qu’ils orientent leurs compétences au service de deux seules choses : eux mêmes et leur mode de vie. Il y a peu, une amie nomade en vadrouille m’a demandé si mon taf me manquait parce que je l’aimais ou parce que « en fait je pense qu on se force à avoir une activité pour faire comme tout le monde » avant de m’inviter à suivre son compte insta pour voir ses photos. Le tout agrémenté par le fait que beaucoup de nomades financent leurs voyages par l’allocation de retour à l’emploi. Ils travaillent 4 mois par an pour se constituer des droits et ensuite voyager, en essayant de nous faire croire que leurs photos, vidéos et histoires sont une activité qui mériterait qu’on les paie ou qu’on les applaudisse… et ce à l’heure où les voyages n’ont jamais été autant accessibles..
    Moi je ne comprends pas qu’on prenne tant aux autres, à la société, sans rien donner d’utile en retour.
    Si la surproductivité est un pb (symptôme d’une addiction ou d’un asservissement au travail), la productivité n’est pas un gros mot car dès lors qu’on aime ce qu’on fait, on sera productif. Enfin, j’estime que tout rapport doit être au maximum 50/50. Ainsi, si j’estime normal d être payée pour mes compétences, j ai vraiment envie que ce que je fais apporte à moi mais aussi aux autres. A l’heure du confinement, on voit bien les activités qui sont de cet ordre et je suis ravie d’en faire partie.

    Autre chose, je pense que les nomades ont justement le défaut de vivre trop dans l’instant présent (ou le futur très proche) et de ne jamais anticiper des conséquences ou risques à long terme. Je prends pour exemple un pote nomade qui ralait sur les modalités de calcul des droits à retraite et sur Macron alors qu’il avait choisi délibérément de ne travailler dans le cadre d’une activité créatrice de droits à retraite que 4 mois par an, de se faire payer ses heures supp au black pour ensuite vadrouiller dans le monde aux frais de l’assurance chômage. C’est clairement lui même qui avait fait une croix sur sa retraite. En effet, la retraite, comme le chômage, c est une logique assurancielle, on cotise pour recevoir une rente si le risque se réalise. C’est un peu facile de croire que la société va vous entretenir jusqu à la fin de vos jours alors que vous n’avez jamais cherché vous même à subvenir à vos propres besoins, ne voyant jamais plus loin que l’organisation du prochain voyage et claquant tout dedans.

    Bref, je vais sans doute passer pour la reac de service mais peu m’importe.
    Chacun a le devoir de se prendre en main et, dans la mesure de ce qu’il peut, d’aider les plus faibles que soit. C’est ça la solidarité. Ce n’est absolument pas : filer un revenu universel à tout le monde pour que chacun puisse être libéré du travail. Le travail n’est pas un mal si on fait ce qu on aime.
    Je trouve que sous des airs d’être plus ouverts que des sédentaires sous prétexte d’etre « Des citoyens du monde », beaucoup de nomades sont en réalité de gros égocentriques, tels des enfants adeptes du plaisir immédiat et de la joie, du rejet du mérite, laissant aux autres à assumer les contraintes de la vie qui leur font si peur.
    La vie étant bien faite, il existe beaucoup de personnes de type sacrificiel qui se surchargent des contraintes…
    mais aujourd’hui, j’ai bon espoir, dans les deux camps, il y a des éveils : certains cesseront de se sacrifier de manière excessive et d’autres prendront en main la responsabilité de leur existence. J’ai bon espoir qu on arrive à l’affirmation juste et à l’amour équilibré, au partage 50/50.

    1. Je crois Aurélie que tu proposes en effet une vision assez biaisée et restreinte de la situation, basée sur les nomades que tu as rencontrés. Personnellement, pour moi ce type de personnes ne sont pas des nomades et comme tu le dis, profitent du système, ne savent pas ce qu’ils font et sont globalement paumés. Plus des vagabonds en somme. Non pas que ce soit mal qu’être paumés, chacun son chemin. Quand tu es dans le monde du blogging voyage (ça va faire 10 ans pour moi) et du nomadisme (7 ans pour ma part), tu vois au contraire des gens qui travaillent très dur, sur leurs blogs, mais aussi sur toutes les missions freelance qu’ils font à côté. Certes, ils ne le montrent pas assez sur les réseaux et leurs blogs, parce que ceux qui les lisent n’ont pas envie de savoir que c’est du travail, des heures passées devant l’ordi et loin des plages. Et bien sûr il y a des exceptions, mais ce n’est en rien la majorité. Personnellement, tous les nomades que je connais travaillent bien plus que quand ils étaient salariés, ont une mission d’aide claire, ont fait une croix sur la retraite et la sécurité en lançant leur entreprise freelance (par conviction qu’il n’y aura pas de retraite de toute façon, malgré toutes les cotisations qu’ils payent) et ne touchent pas de RSA, chômage ou autre. J’ai croisé un ou deux voyageurs comme cela, qui profitaient du système, mais ce ne sont pas personnellement les gens que je côtoie. Je ne reprendrai pas les éléments point par point, car beaucoup de choses sont des faits individuels et ne constituent pas une moyenne ou une généralité. Tous les nomades ne sont pas profiteurs ou paresseux. Tous les blogueurs ne recherchent pas de l’attention. Tout comme inversement, je ne me permettrais pas de faire des généralités sur les sédentaires, ceux qui n’ont jamais voyagé ou n’ont pas envie de le faire. Chaque individu est différent et a une vision de la vie différente et on a tous besoin de plus de bienveillance et d’écoute pour se comprendre.
      Personnellement, je suis pour le revenu universel, non pas pour que les gens arrêtent de travailler, mais au contraire qu’ils n’aient pas à se concentrer sur leur survie, mais plutôt sur la réalisation de leur mission de vie et qu’en faisant cela, ils aideront par extension les gens autour d’eux. On ne peut pas tous être infirmiers ou professeurs, même si on aimerait parfois vouloir l’être, parce que c’est plus simple de se présenter devant la société comme étant ce qu’elle attend de nous. C’est bien plus difficile de savoir qui l’on est vraiment et d’accepter de montrer ce visage à la société. On a besoin d’artistes, d’inventeurs, de visionnaires, de rêveurs et de tout le monde pour une société épanouie et enrichissante. Et je suis convaincue que c’est seulement en étant épanoui, et en aidant les gens, non pas par peur ou obligation, mais parce que c’est ce que l’on veut vraiment faire, que l’impact sera plus fort et fonctionnera.

      1. Je suis d’accord avec la fin de ton propos, il faut travailler sur ce qui nous épanouit et pour ça il faut se connaître.
        Sauf que je ne vois pas l’interêt des blogs de voyages où l’on voit défiler les blogueurs qui posent devant des beaux paysages. Autant je vois une utilité au travail de Yann arthus Bertrand ou de mike horn qui voyagent dans le but de porter à la connaissance du monde les ravages qu’il inflige à la nature. Mais le blogging voyage, c est juste un moyen de présenter au monde « regardez les endroits exceptionnels où je vais, regardez les choses exceptionnelles que je fais, je suis donc une personne exceptionnelle, aimez mes photos de moi devant le mont-blanc pour m’aider a avoir une image exceptionnelle de moi car au fond je me sens trop nulle pour prendre des responsabilités au sein d’une organisation» mais en vrai l’apport à la communauté c est zéro. C est ca que j appelle des compétences mal dirigées car purement égocentriques. Alors que des compétences il y en a ! Je sais bien que vous passez des heures sur vos blogs, mais ce sont des compétences mal exploitées. A contrario je trouve que ce blog ci a déjà + d’utilité publique puisque que tu y partages des clés sur la libération émotionnelle étc, un peu à la manière d’un soignant de l’ame. C est un vrai partage 50/50.
        Bien sur qu on ne peut pas tous être prof ou infirmier, mais il faut aussi être honnête avec soi même et savoir si on veut être artiste pour avoir l’attention ou pour être dans le partage (c est ca qui fera la différence entre un candidat de télé réalité et Tom Hanks).
        Le confinement nous fait même réaliser que le travail des coiffeurs est important car ils apportent de l’aide aux gens pour satisfaire l’un des besoins de base de l’être humain : entretenir son corps. Alors qu au quotidien plein de gens prennent les coiffeuses pour des idiotes.
        Y a mille choses qu on peut faire pour être utile à la société tout en se faisant plaisir, et pour subvenir à ses propres besoins.
        Mais encore faut il avoir le courage, endurer les critiques, accepter les directives et les échecs (pas pour rien si les bloggeurs sont auto entrepreneur, ils ne supportent rien de tout ça), et savoir se battre pour revendiquer ses droits quand personne ne le fera à votre place.
        Et comme je soulignais en début de mon précédent commentaire, je ne fais pas de généralité. Cela étant dit, après ton commentaire, je pense vraiment que les seuls voyageurs qui ont le voyage utile et dont le propos est intéressant sont ceux qui ont une démarche de lanceur d’alerte, de scientifique, de découvreur car leur emprunte carbone est compensée par leur apport au monde.
        Si les gens veulent voyager pour se dépayser ou partir en vacances, je n’ai pas de problème avec ça. Mais qu on nous épargne les blogs et les photos ou les pseudo idéaux de vie.

        Je comprends ces gens qui sont bourrés de compétences et pourraient les mettre à profit pour apporter au monde, mais ne se rendent pas compte de leur valeur et ont peur d’échouer. Parce qu’on leur a mis dans la tête qu’ils étaient nuls, bons a rien et qu’ils ont fini par le croire. C est injuste, c’est degueulasse. Personne devrait se faire pourrir comme ça. Mais il y a un moment il faut avoir le courage de prendre de la hauteur, de se regarder en face et de guérir tout ça complètement pour enfin exercer son plein potentiel et ce, à de nobles fins.

        1. Re-bonsoir,
          Oui, mais là c’est un jugement de valeur qui t’es tout à fait personnel. Après 15 ans de blogging voyage, je peux te garantir que j’ai aidé de nombreuses personnes, à organiser leurs voyages (tout le monde n’a pas la même débrouillardise et s’il n’y avait pas les blogs de voyage, il y aurait bien moins d’infos en ligne et d’accessibilité au voyage), à s’accepter, à rêver, à vivre des émotions, à fuir par procuration, à mieux vivre leur deuil, à accepter leurs surpoids, à vivre un rythme plus lent et des vacances plus lentes, à connaître certaines choses. Je ne crois pas à une échelle de la manière d’aider des gens. Pour moi, la publicité n’est pas utile, les pêcheurs non plus vu que je suis vegan, les vendeurs de maquillage et des millions d’autres choses, non plus mais cela ne veut pas dire que je n’admets pas qu’ils puissent aider quelqu’un d’une manière ou d’une autre qui ne me correspond pas à moi. Et c’est bien pour cela que je ne vais pas voir dans des univers qui ne m’intéressent pas. Là encore, il y a bien sûr des extrêmes, des exceptions et des blogs très narcissiques, mais il y a aussi des blogs qui apportent de la valeur et de l’aide aux autres. Tout n’est pas si manichéen et si j’ai longtemps été élitiste, j’essaye de ne plus l’être et je sais aussi que beaucoup de personnes préfèrent lire des blogs de “gens normaux” auxquels ils peuvent plus facilement s’identifier qu’à des Mike Horn, qui sont certes extraordinaires et inspirants, mais qui sont moins abordables, disons. Si c’est l’image du blogging voyage que tu as, j’ai envie de dire ce n’est pas bien grave, cela ne résonne pas en toi et cela n’a pas besoin que ça te parle.
          Pour ce qui est de ne pas avoir le courage d’être dans une organisation et d’être auto-entrepreneur (d’ailleurs, il y en a plusieurs qui ont leur propre boîte et embauchent des gens et créent aussi de la valeur de cette manière), tu ne connais pas l’histoire de ces blogueurs, qui sont passés par ces organisations et qui n’ont pas envie de faire partie de ce système, qui cherche une troisième voie. Personnellement, je me suis sentie bien plus utile et à ma place en tant que blogueuse que sur les bancs de Sciences Po ou dans mon boulot salarié (ou tout se passait très bien) ou dans tous les boulots qu’on imaginait que je pourrais faire. Cela ne veut pas dire que c’est comme ça que je vois ma mission aujourd’hui, mais il faut aussi savoir se mettre à la place des autres et voir que tout n’est pas noir ou blanc. Et que oui, il y a peut-être des histoires compliquées derrière tout ça, des raisons de cette fuite, de ce refus de vouloir faire partie du système et que chacun gère son passé, son histoire et ses traumatismes à son rythme. On ne règle pas des décennies d’attentes sociétales et familiales en un claquement de doigts et parfois ça passe par la fuite et le rejet. Mais parfois aussi, c’est pour reconstruire quelque chose de plus beau ensuite.
          Aujourd’hui, je suis d’accord avec toi sur la question de l’empreinte carbone et sur ce qui est apporté en retour, mais ça j’étais incapable de le voir il y a quelques années et ça a pris du temps et du cheminement et sans le voyage, ce cheminement n’aurait pas eu lieu. Tu sais parfois, le nomadisme, c’est une question de survie (je ne suis pas prête à en parler, mais c’était mon cas), du coup, je ne dirais pas à la légère que telle chose ou telle autre a du sens ou non, c’est bien plus compliqué que cela, et on ne peut s’en rendre compte sans connaître la personne, le contexte, son passé.
          Evidemment que je suis pour que chacun réalise son plein potentiel et réalise tout cela. Sauf que nous ne sommes pas tous à égalité sur l’échelle des traumatismes vécus et de la résilience. Et ça pour l’instant, les psychologues n’ont pas la réponse de ce pourquoi ou pas de la résilience. Je crois plus que jamais que les gens font du mieux qu’ils peuvent, avec les connaissances qu’ils ont, les émotions qu’ils sont capables de gérer et au cours de l’histoire de leur vie. Je crois aussi que les nomades de retour au pays peuvent rapporter les leçons qu’ils ont tiré de leur expérience, comme ici dans cet article et qu’inversement les sédentaires ont aussi des choses à nous apprendre. C’est un échange qui marche dans les deux sens.
          Je suis d’accord avec toi pour dire que je ne suis pas sûre que l’industrie du tourisme ou le blogging voyage aient leur place dans un monde d’après, plus juste et plus durable, mais je ne nierai pas la valeur qui a été apportée et l’est encore par certains, qu’elle soit apportée par un conseil, une émotion, un moment d’évasion. La valeur d’aide ne peut finalement être évaluée que par celui ou celle qui la reçoit et je crois que les milliers de mails reçus par les blogueurs de voyage ou autres en sont bien la preuve.

        2. Ah et sans doute une question qu’on avait en sujet du philo, mais est-ce que la valeur de l’humain se définit par le travail. Est-ce que l’aide ou notre mission de vie ne passe que par le travail? Est-ce qu’on ne peut pas être blogueur de voyage pour le fun parce qu’on aime ça et même en faire son métier et à côté, aidé sa communauté, sa famille son entourage, être volontaire… Bref, vaste question…

          1. Je n’ai jamais parlé de valeur d’etre Humain, j’ai parlé de la valeur du travail fourni par cet être humain.

            Tu as sûrement appris des choses en voyage, mais tout ce que je lis dans cet article je l’ai appris sans voyager.
            Maintenant, continuer de faire une forme d’apologie du nomadisme et du voyage ce serait comme continuer de faire l’apologie du « je consomme donc je suis ». C est juste dangereux pour la santé de la planète.

            A mon avis, on ne s en sortira pas dans le monde d’apres Si chacun se dresse tel une île auto entrepreneur « je ne fais que ce que j’aime et je me fais payer pour, solo dans mon coin ».

            Si on veut s en sortir dans le monde d’après et le changer, il va falloir guérir ses blessures pour d’une part, se trouver, se connaître, avoir la confiance pour exercer ses compétences et les monnayer pour assurer sa survie,
            D’autre part, pour être capable de s’allier en organisations marchant dans un même but, organisations où chacun saura prendre sa place, juste sa place mais toute sa place.
            Tout ça pourquoi ? Parce qu on ne change pas les choses tout seul : il faut s’allier.
            Dans TOUS les domaines il y a des choses à faire pour soi et pour le bien collectif. Parce que croire qu on pourra faire notre potager + nos cosmétiques + notre bricolage + se déplacer qu à vélo étc + faire du sport + travailler + éduquer ses enfants + étc … c’est se leurrer. On aura jamais le temps pour tout.

            Ce que je vois, c est la fille qui aime faire ses cosmétiques bio. Au lieu de faire ses tuto sur insta, elle va décider de monter sa boîte de cosmétiques bio. Pour cela elle va faire appel à plein de personnes : des fournisseurs qui eux mêmes auront réfléchi à assainir leur chaîne de production et à faire de l’emploi respectueux, a des transporteurs qui grâce à une entreprise d’ingenerie innovante rouleront avec un moteur à la biomasse, à un DRH qui sera sensible à la condition humaine (repos, loisirs, santé, vie personnelle, famille etc) et à la pérennité de l’entreprise et tentera de concilier les deux au mieux dans l’affirmation juste.
            Des passionnés de voyages pourront réfléchir à des modes d’hébergement eco friendly, à la protection de l’environnement au lieu de faire un blog pour raconter leurs voyages et filer les bons plans pour voyager pas cher.
            Le blogueur passionné de cuisine, au lieu de filer ses recettes qu on aura pas forcément le temps de faire, pourrait développer une ligne de plats préparés de bonne qualité pour garantir aux gens l’accès à une nourriture saine lorsqu ils n’ont pas le temps ou la force de cuisiner parce qu’ils sont déjà occupés à travailler sur leur moteur à la Bio masse, à prendre soin de leurs proches, à se reposer, à avoir des loisirs Étc

            Je crois fermement qu’on a tous une compétence monnayable qu’on aime exercer et qui peut, en s’alliant aux autres, permettre de changer le monde.
            Mais tout cela ne peut marcher que si on a suffisamment guéri individuellement nos blessures et si on est capable de vivre en synergie (ne pas avoir peur de contredire qqun, ne pas mal prendre quand on est contredit, ne pas croire qu on sait tout, ne pas croire que nos idées n’ont pas de valeur, ne pas croire qu’on a besoin de personne, ne pas se defosser sur les autres, bref, tout ces trucs que nos ego blessés nous empêchent de faire).

            Je pense à une psy du nom d’Adeline gardinier. Elle a un blog ou elle explique des fonctionnements psy par de la systémique, tout en gratuit. Elle explique qu’elle ne répond à aucun commentaire et ne fait pas de consultations privées. Son métier elle l’exerce en hôpital public et est experte judiciaire près le cour d appel d’Amiens. Ses articles sont des constatations nourries par son travail et ses recherches. Elle contribue à sa façon au bien être collectif et le blogging n’est pas son seul support. Elle va sur le terrain faire bouger les choses.

            Voilà c’est ça que je veux dire quand je parle d’etre productif pour une noble cause qui nous plaît vraiment mais qui nous dépasse également.

          2. Juste pour rappel, ceci n’est pas mon article, c’est le témoignage de Marina, je te réponds en commentaire, parce que je trouvais dans tes premiers commentaires que tu manquais de nuances et de bienveillance et que je considère que je dois rétablir cela, car c’est mon site et que je préfère avoir un dialogue ouvert plutôt que des gens qui se vexent d’un côté et de l’autre en raison de leurs insécurités, et qui se culpabilisent les uns les autres.
            C’est super que tu aies appris ces leçons sans tout cela, tant mieux j’ai envie de dire, tu as bien de la chance. Sauf qu’on a pas tous le même cheminement, ni le même point de départ et que certains ont encore besoin d’apprendre ces leçons, sédentaires ou pas.
            Nous sommes tout à fait d’accord sur le fond des choses et comment cela pourra se régler et être solutionné et je suis tout à fait d’accord avec toi sur tout ça, sur la communauté des idées et des solutions. Plus jamais, je ne conseillerai aux gens de partir voyager pour se trouver, même si je l’ai fait avant, ce n’est pas du tout le propos. Par contre, tirer les leçons si on est déjà partis, apprendre sur la route, prendre du recul. Il s’agit aussi de ne pas complètement diaboliser comme tu le dis ce qu’on a fait dans le passé, quelle qu’en ait été la raison. Je suis moi-même passé par cette étape et ce n’est pas bénéfique du tout. C’est même d’ailleurs faux. Comme tu le dis, si je suis addict au sport, mais que ça me permet d’apprendre à me reconnecter à mon corps, je ne vais pas diaboliser le sport en soi et la pratique addictive que j’en ai eu, mais plutôt reconnaître que c’est la seule solution que j’avais pour m’en sortir à ce moment-là, que c’est la voie que j’ai choisi et que ça m’a appris beaucoup de choses. Et c’est la même chose pour le voyage.
            Oui, le voyage était pour moi une fuite et une addiction, j’en parle de manière extensive sur mon autre blog et je ne m’en cache plus. Sauf que, et c’est là où c’est mon histoire personnelle dont je ne suis pas prête à parler, c’était ma seule manière de survivre et quand je dis survie, j’utilise le bon mot. C’était ma seule solution. Et oui, ça m’a appris à être moi-même, à être heureuse, à comprendre des choses sur la nature humaine et sur la nature tout court et plein d’autres choses et jamais je ne le diaboliserai, comme je ne dirais plus que c’est une solution.
            L’auteur de cet article tire des leçons de son expérience personnelle et ne cherche pas à dire qu’il faut voyager pour aller à la rencontre de ses leçons. C’est son cheminement à elle, son histoire et son témoignage. Il ne s’agit pas de vanter un mode de vie, mais de raconter une expérience individuelle.
            Le truc, c’est qu’on ne peut pas et qu’on ne pourra jamais forcer les gens dans le chemin qu’on a imaginé pour eux, qu’on ne peut contrôler les autres et ce qu’ils font. C’est à eux de trouver leur voie, à leur rythme et par les moyens qui leur conviennent. On ne peut se contrôler que soi et ses choix de vie. Au-delà, ce sont des gouvernements et des systèmes, qu’il ne faut pas déresponsabiliser non plus.
            C’est la force du blogging, raconter des histoires, des cheminements personnels, la différence, l’évolution et le changement. Si je ne m’étais pas tirée une balle ou développer une maladie grave entre temps, oui peut-être que j’aurais pu grandir et évoluer en étant sédentaire, mais ça aurait sans aucun doute pris beaucoup plus de temps. Et je ne m’excuserai jamais d’avoir trouvé une porte de sortie à l’époque. J’aurai pu choisir l’alcool et les drogues, pour un effet qui n’aurait pas été si positif non plus…
            Bref, on ne connaît pas les histoires personnelles de gens, les raisons de ce qu’ils font et les brusquer ne fera rien changer, bien au contraire. On ne peut que montrer par l’exemple et pourquoi pas, en racontant ce cheminement sur un blog ou tout autre moyen, ce que j’ai bien l’intention de faire par ici, sans renier mon passé, mes erreurs et d’où je viens, sans le glorifier non plus.

          3. Et en fait, je viens de tilter. Le nomadisme en tant que tel ne vous a rien appris. C est juste que, comme tout le monde, vous avez appris au fil de la vie.

            Les voyages c était une addiction. L’addiction c est ce truc qu on a tous et qui nous permet de rendre vivable notre quotidien malgré le matériel traumatique qu’on porte.
            Tu ne serais pas partie en voyage, tu aurais de toute façon vécu des situations similaires car tu portais ces blessures. C est juste que ton addiction a conduit à ce que tu vives ces situations dans un autre contexte qu’un sédentaire.
            Perso, mes addictions successives ca a été Instagram, le sport, la méditation, les fringues et enfin le chocolat ! D’autres c est les jeux vidéo, le sexe, l’alcool, la cigarette, le travail …
            Les psy conseillent surtout de ne pas culpabiliser la personne qui retombe dans son addiction entre deux épurations de matériel traumatique car ça l’aide à tenir. Et je suis bien d’accord ! Mais une fois que tu commences à entrevoir que ton addiction/ton mode de fuite est bien une béquille, il faut à tout le moins arrêter d’en vanter les pseudos bien faits. On en a encore besoin certes, mais on lui redonne sa place (et moi la première).

            Tu as appris de nombreuses choses de ta vie, oui! C est sur ! Je le remets pas en cause. Mais c est pas le nomadisme qui t as appris ça. C est comme si je disais que le chocolat m’a appris que … le sport m a appris que … non, ce sont les interactions que j’ai eues, que tu as eues, qui nous ont appris. Je serais partie à Sydney et tu serais restée en France, on aurait vécu des situations similaires à celles qu on a vraiment vécues.
            A un moment j y ai pensé, tout claquer et partir en Australie (c était la mode), mais je savais au fond de moi que mes problèmes me rattraperaient et que ça changerait rien. D’autres n’ont pas eu cette intuition et sont partis, soit. C est fait c est fait. Mais maintenant qu on sait tous que c était qu une addiction, on va arrêter de prêter des vertus curatives à ce truc nocif pour la planète.

    2. Salut Aurélie ! Effectivement, nous ne nous connaissons pas donc voici ma réponse ainsi que mon expérience.
      Je regrette tout d’abord que tes rencontres avec des voyageurs t’aient laissé un goût amer …
      Je ne connais pas personnellement de blogueurs qui vivent de leur passion. Autrement dit, je ne connais que des passionnés qui travaillent des heures, se forment, investissent de l’argent sans jamais rien toucher en retour … Productivité ne rime donc clairement pas avec rentabilité ! Là est sans doute la nuance.

      Comme lorsque tu parles « d’utilité » et « d’improductivité », il est difficile de hiérarchiser ces notions. Est-ce qu’apporter de la valeur ajoutée est utile ? Est-ce que la création artistique est productive ? Il doit sans doute exister autant de réponses possibles que d’individus 🙂

      Comme pour les profils de voyageurs/nomades d’ailleurs ! Certains profitent du système de leur pays, d’autres de celui dans lequel ils sont, d’autres encore profitent des conseils qu’on leur donne et enfin certain profitent de la vie tout simplement. Je ne connais pas non plus de voyageurs tels que tu décris mais j’imagine bien qu’ils existent. Tout existe.

      D’autre part, étant travailleuse sociale depuis 6 ans, je pointe le fait que bon nombre de citoyens ne réclament par leurs droits sociaux (on estimait à 13 milliards d’€ par an le non recours aux prestations sociales en France en 2018). Le profil que tu décris existe bel et bien mais n’est sans doute pas aussi répandu qu’on ne le pense …

      Pour conclure, choisir un mode de vie assez différent de « la norme » représente une prise de risque. Sur le long terme, on ne peut pas « tenir » si l’on en est pas pleinement convaincu, au courant des avantages comme des inconvénients. Il ne me semble pas incompatible d’esquisser ses prochains projets/voyages tout en pensant à l’avenir (où la retraire sera inexistante, qu’on se le dise ^^).

      Je te souhaite de faire plein de belles rencontres d’ici là !

    3. Re bonjour Aurélie,

      Je me permets de répondre à nouveau car j’ai effectivement l’impression que tu t’adresses à Lucie, or, ceci est mon témoignage … Nous vivons toustes ce confinement différemment et cet article est très personnel. Il n’est en rien un manifeste ou un essai. Il n’engage que moi, en réponse à l’appel à témoignages de Lucie.

      Pour rebondir sur ta première phrase, c’est bien le nomadisme/le voyage à long terme qui m’a permis de vivre des situations que je n’avais pas vécu lorsque j’étais sédentaire. Ce sont bien ces expériences de vie, dans ce contexte, qui m’ont enrichies. Chacun son chemin et les clés pour se connaître sont différentes pour toustes.

      Aussi, il ne me semble pas avoir fait « l’apologie du nomadisme » ou encore avoir « prêté des vertus curatives » à ce mode de vie. Tout comme cela ne me viendrait pas à l’esprit de critiquer ou d’émettre un avis sur un mode de vie que je ne connais pas. Ce n’est ni la solution à tout ni une potion magique. C’est simplement un constat car cela fait partie de ma vie. Au même titre que des deuils, des expatriations, des maladies, des ruptures, des naissances, etc. Si cela résonne chez certain.es, tant mieux. Sinon, tanpis. Si tu as interprété mes mots de la sorte, c’est peut être ton point de vue mais cela n’a pas été mes intentions durant la rédaction.

      D’autre part, mon dernier article parle d’empreinte carbone, d’écovololontariat et d’écologie. Je réfère même à des gens plus compétents que moi qui ont approfondi et développé ce sujet. Certains sont nomades et ont ralenti, d’autres ont tout simplement stoppé leurs déplacements en avion/à l’étranger. D’autres encore sont plus engagés politiquement. Je t’invite à découvrir toutes ces belles initiatives si tu ne les connais pas déjà ; étant donné que tu sembles, comme moi, sensible au futur de notre planète.

      1. Je réponds à vous 2 en un commentaire.

        Je ne diabolise en rien les addictions passées, c est bien ce que je dis, elles étaient nécessaires (merci d arrêter de déformer mes propos). Maintenant, aller faire des blogs la dessus, c est une façon de continuer à la faire vivre et de pousser des gens à l’expérimenter aussi, même sans le faire exprès . Surtout que l’article titre « ce que le nomadisme m’a appris » alias le nomadisme est une source d’enseignement. Non le nomadisme est une addiction. Je le redis, ces situations se seraient présentées si l’addiction avait été autre car on s’attire, quoi qu on fasse, le même genre de pb, de personnes, tant qu on a pas résolu les blessures. C est la vie, les événements extérieurs qui nous apprennent, pas les addictions. C est pas une question de diaboliser mais juste d arrêter de cultiver certaines choses qui ne nous sont plus utiles et de ne pas risquer de faire tomber les autres dedans. Oui j ai été addict au sport, mais aujourd’hui pour rien au monde j irai dire à qqun les « bienfaits » du sport à outrance sur moi. Le sport à outrance use juste le corps. Par contre, me poser après moultes blessures et chercher pourquoi j en étais la, oui ça je suis ok pour le partager.
        Bien sûr que chacun va avoir sa propre destinée, j’ai jamais dit le contraire donc (merci d arrêter de déformer mes propos, encore). mais maintenant qu on a le recul sur la mode du nomadisme, arrêtons de la faire vivre comme une grande quête de soi dans des blogs et regardons le comme ce qu il est le plus souvent : une addiction (ce que Lucie pourtant tu semblais résolue à faire dans ton dernier article sur ton autre blog).

        Enfin pour l’utilité, Henderson a recensé 14 besoins fondamentaux, dont ceux de trouver sa place dans une organisation sociale et de faire des activités présentant un but non centré sur soi. En réalité tout être humain a un besoin de se sentir utile à autrui. Curieusement, les profils attachements insecures évitants/blessures de rejet à tendance autosuffisante sont ceux qui se développent des scénari pour se convaincre qu on se suffit à soi même, qu on ne doit faire que ce qui nous plaît quand ça nous plait étc… et ce sont eux qu on retrouve le plus dans les addictions au voyage.

        Pour moi, il y a moultes nuances entre être créatif, être utile, être productif et brasser de l’air à raconter sa légende personnelle chacun de son côté.

        Il y a aussi une différence entre être contrôlant, être ferme, être bienveillant, être complaisant, diaboliser, reconnaître ses « erreurs » et ne pas les transmettre.

        je vois pas bien le rapport entre les nomades et le fait que x millions de français ne revendiquent pas leurs droits sociaux …

        Ces 3 dernières années, j ai du croiser au moins une vingtaine de voyageurs aspirant … leurs questionnements tournaient autour de comment faire pour s actualiser sans que pôle emploi sache qu ils sont à l étranger, ou se domicilier fiscalement pour continuer à percevoir des aides soumises à conditions de résidence en France et pour garder la sécurité sociale française. J’en ai connu un qui complétait ces revenus par du sponsoring de marques et passait donc son temps à faire de la pub en voyage. Un autre qui, une fois les droits français épuisés, travaillait sur place. Et seulement deux «autonomes », qui louaient la maison offerte par les parents pour financer les voyages.
        Bref, je vois qu’on ne se comprendra pas et je vais donc tout simplement en rester là car l’échange, oui, mais le contrôle non. Et la deformation de mes propos outre les accusations à peine voilée d’etre « Contrôlante » et « dans le jugement » quand je me contente juste de soutenir un point de vue contraire à celui d’une de mes interlocutrice, ça ne marche plus, désolée. On est d accord pour dire qu on sera pas d’accord 😌

        1. Merci de ta réponse et de bien avoir voulu débattre avec nous par ici. Aucun problème pour être d’accord de ne pas être d’accord. Au final, pour ma part, il ne s’agissait pas de te convaincre, parce que nous n’avons pas la même expérience, mais bien de préciser que chacun voit la réalité à travers son chemin, son regard et sa perception et que deux réalités se confrontent et que le témoignage de Marina a le droit d’exister, ici et sur son blog. Cela ne veut pas dire que l’une ou l’autre réalité est fausse, mais tout simplement qu’on ne regarde pas au même endroit et que le biais de confirmation ne fait que confirmer notre propre réalité. Tu dis avoir croisé en 3 ans une vingtaines de voyageurs “profiteurs du système”. En 7 ans, j’ai pour ma part seulement 2 exemples flagrants en tête. Je ne nie pas que tu as croisé ces gens, ni leur existence, mais juste qu’ils ne font qu’une petite partie du panel, parce que ce n’est pas ce que j’ai vu pour ma part.
          Je suis également désolée si tu as pris mes mots pour de la déformation de propos, ce n’était pas du tout mon intention, et je crois que c’est malheureusement le problème dans des discussions en ligne, qui manquent de communication non-verbale. Pour moi, faire un blog dessus, c’est raconter un cheminement pour quelqu’un qui en a besoin, parce qu’on en est pas tous au même point justement et que l’expérience passée de quelqu’un peut être un guide. Va-t-on supprimer toute pratique du sport parce que certains l’utilisent comme une addiction? De même pour toutes substances d’ailleurs…
          Et c’est une problématique très intéressante: peut-on être tenu responsable de ce que les gens font d’un écrit ou d’un média? Je me la suis beaucoup posée, mais finalement, je ne crois pas, en tout cas pas dans toute la globalité.. Oui, on a une responsabilité, responsabilité de ce que l’on écrit, cela est certain, mais si quelqu’un décide d’utiliser le contenu où je raconte ma randonnée à pied en Suisse pour la transformer en city-trip sans aucun respect de l’environnement et de la vision du slow travel, comment puis-je être tenue responsable de l’interprétation et de l’usage qui en a été fait? Bref, la responsabilité est un tout autre débat.
          Affirmer que l’on n’a pas appris de nos voyages et de notre nomadisme, c’est nier notre réalité en fait. Toi tu crois que ce n’est pas possible d’apprendre avec le nomadisme, mais moi je sais que j’ai appris des choses de ce nomadisme, sur l’identité, sur le mouvement, sur des leçons philosophiques. Tout comme j’apprends des rencontres, en regardant un canard dans une mare, en faisant des liens, en lisant des histoires, etc.
          Et oui, mon choix actuel est de ne pas glorifier ni de diaboliser le voyage, comme j’en parle à nouveau dans mon dernier article sur mon autre blog. Mais ici, sur Enough et d’autant plus dans cet espace de témoignages, j’accueille toutes les voix, toutes les histoires, sans les juger et sans dire qu’il y a une vérité. Si la réalité de Marina est qu’elle a appris de son nomadisme et qu’elle a envie de le partager, jamais je n’invaliderai son histoire et cela vaut pour tous les domaines. Comme tu le dis, rien n’est tout noir ou tout blanc et chaque voix a une importance, chaque histoire, quelqu’en soit son “niveau de progression dans la guérison de ses blessures”, tant qu’elle est sincère a l’instant t. Je me nourris personnellement de textes qui sont contraire à mon opinion, je ne lis pas ceux qui me semblent inutiles et j’essaye autant que possible de mettre mon énergie dans un engagement positif, préférant lutter pour, que contre quelque chose. Et j’apprends justement, en écoutant ces histoires, qu’elles aillent dans mon sens ou pas du tout. Et c’est bien pour cela qu’elles ont leur place en ligne, tant qu’elles sont honnêtes et représentent une perception/réalité/vérité à un instant t pour une personne. Et c’est sans doute ce que j’aimerai faire en ouvrant aux témoignages variés sur le confinement, mais également peut-être plus tard sur d’autres thématiques: permettre d’accueillir différentes voix, différents regards sur le monde, d’ouvrir un échange et un débat, ouvrir un espace bienveillant à ceux et celles qui ont le courage de partager, de faire quelque chose, de se tenir dans l’arène (comme dit Brené Brown), de raconter leur histoire, ce qu’ils en ont appris de leur propre point de vue et sans jugement.
          Je peux très bien dire que le nomadisme m’a beaucoup appris, que ce n’est pas une solution à long-terme, arrêter de voyager et trouver la paix dans ma sédentarité, ET laisser la parole à des nomades et à des sédentaires, sans juger leur expérience et leurs stades de réflexion et continuer d’échanger avec eux, sans invalider leur expérience. Je suis vegan et mes convictions dans ma propre réalité sont très fortes contre la consommation de produits animaliers, mais je ne crois pas qu’en disant à ceux qui en consomment qu’ils ont tort et que c’est faux que je ferai évoluer les choses. Je crois que c’est en montrant l’exemple, sans juger et en étant ouverte à la discussion si quelqu’un souhaite en parler et en faisant changer les choses au niveau industriel et politique que les choses changeront. En créant de nouveaux produits, de nouvelles visions du monde, des histoires différentes, en partageant mon histoire de véganisme et non pas en allant dire à ceux qui consomment de la viande qu’ils ont tort, qu’il faut arrêter, qu’il faut tout fermer, tout arrêter, tout brûler. Je crois que les gens sont plus réceptifs de cette manière, mais c’est mon expérience et ma vision actuelle du changement, je ne suis pas certaine d’avoir la réponse, car je me penche à peine sur les concepts d’activisme.
          Sur ce, je te souhaite bon week-end et bonne continuation de confinement à toi.

  2. Merci pour cet intéressant témoignage ! Je n’avais pas pensé spontanément au lien entre la vie nomade et la vie confinée, mais en te lisant c’est vrai que cela saute aux yeux. L’habitude d’être loin de ses proches, de gérer la communication à distance… ce sont des choses dont on a déjà l’habitude lorsque l’on a été nomade.
    De mon côté, je profite de ce confinement pour enfin réaliser l’album photo de notre premier tour du monde. Cela remonte à 2011-2012, mais nous n’avions jamais pris le temps de le faire. C’est une tache de longue haleine, mais également une tache satisfaisante… C’est très agréable de se replonger dans ces photos, de retrouver des choses que j’avais oubliées, et je me réjouis à l’idée de tenir dans quelques mois le ruit de ces efforts entre mes mains.
    Aurélie Articles récents…Journal de confinement, semaine 5 (du 14 au 20 avril 2020)My Profile

    1. Oui, et puis la capacité d’adaptation des voyageurs également, sans doute plus habitués à suivre le courant, quels que soient les événements extérieurs! Ah super, ce genre de projet prend énormément de temps, mais c’est clairement un plaisir d’avoir l’objet en main ensuite. Profite bien de ces moments!

  3. Le “on avisera le moment venu” c’est tout à fait mon état d’esprit pour cette période un peu merdique. On est bloqué en Thaïlande depuis plusieurs semaines / mois. Et je ne me bile pas plus que ça. Mon homme, c’est une autre histoire! Il est beaucoup moins serein. Avoir confiance c’est bien une chose que j’ai apprise en voyageant.

    1. Bonne continuation! Vous êtes où en Thaïlande du coup?
      Oui, on a tous et toutes un seul de tolérance à l’inconnu et l’imprévu différent j’imagine… Mais le voyage aide clairement à lâcher prise. Bonne continuation à vous!

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